Qui pratique les T.C.C.(Thérapies comportementales et
cognitives) ?
Actuellement, pour
se former
aux thérapies comportementales et cognitives, il faut avoir
suivi au préalable une formation complète en
psychiatrie
ou en psychologie sanctionnée par un titre. Les personnes
pratiquant ce type de thérapie sont donc exclusivement des
psychologues, des médecins psychiatres ou des
généralistes ayant suivi une formation
préalable
en psychiatrie. Ensuite, pour s’intituler
thérapeute
comportementaliste et cognitiviste, il est nécessaire de
suivre
une formation spécifique en tcc en deux ou trois ans. Il
s’agit d’une formation
dispensée :
- par
l’Université sous la forme d’un
diplôme universitaire (D.U.);
-
par
l’Association Française de Thérapie
Comportementale et Cognitive (AFtcc)
à Paris.
La formation
d’un
thérapeute comportementaliste et cognitiviste dure donc au
minimum 7 ou 8 ans en comptant la formation professionnelle de base.
Quelle est
l’efficacité des tcc ?
Dans le cadre du
Plan
« santé mentale » mis
en place par le
ministère de la Santé en 2001, la Direction
générale de la santé (DGS) a
sollicité l'INSERM
(Institut national de la santé et de la recherche
médicale) pour établir un état des
lieux de la
littérature internationale sur les aspects
évaluatifs de
l’efficacité de différentes approches
psychothérapiques. Cette procédure
d’expertise
collective mise en place par l’Inserm a
démontré
l’efficacité des thérapies cognitives
et
comportementales (INSERM
EVAL).
Quels
sont les fondements de ce type de thérapie ?
Les
thérapies
comportementales et cognitives sont basées sur des
recherches
scientifiques concernant le fonctionnement humain, en particulier sur
les modèles de l’apprentissage. Les
modèles de
l’apprentissage permettent de comprendre comment
l’être humain, dès son plus jeune
âge, peut
acquérir des connaissances. Il existe 4 grands
modèles de l’apprentissage : le
conditionnement
classique, le conditionnement opérant,
l’apprentissage
social et les modèles cognitifs.En savoir plus
Quelles sont les
spécificités de ce type de
thérapie ?
L’aspect
collaboratif Patient -
Thérapeute
La
première grande
particularité des tcc c’est l’aspect
collaboratif
patient – thérapeute. Le patient connaît
ses
difficultés mieux que quiconque. Le thérapeute
est
là pour structurer les informations données par
le
patient en fonction de ses connaissances :
- sur le fonctionnement humain : en
particulier, les modèles de l’apprentissage qui peuvent expliquer
comment les comportements s’installent et se maintiennent.
-
sur les pathologies :les pathologies sont répertoriées et
présentent des spécificités que l’on retrouve quelle que soit la
personne.
Cet aspect
collaboratif s’accompagne du partage des informations.
Le partage d'informations
Le partage des
informations est
essentiel. Pour avancer, la personne doit avoir connaissance des
mécanismes ayant favorisé la mise en place et le
maintien
de ses difficultés. Les recherches scientifiques permettent
aujourd’hui d’avoir des modèles
explicatifs des
enchaînements en jeu dans telle ou telle pathologie ou
comportement dysfonctionnel. Ces modèles sont
expliqués
au patient et permettent dans un second temps de montrer sur quoi on va
agir. C’est parce qu’il possède cette
information
que le patient va pouvoir donner un sens, une direction aux efforts
à mettre en œuvre pour se confronter à
ses
difficultés : c’est l’aspect
«thérapie active».
Une
thérapie « active »
Les recherches de
Bernard RIME
et ses collègues démontrent que la seule
évocation
des événements traumatiques
(l’expression des
émotions) ne suffit pas à modifier
l’état
émotionnel… en conséquence, le fait de
parler de ses émotions et de ses
difficultés
n’est pas suffisant pour parvenir à les
maîtriser.
D’autre part, chercher, voire trouver la cause d’un
problème ne suffit pas non plus à le
résoudre (ce
serait trop simple !). Les tcc ont donc
un objectif
très pragmatique : aller au-delà de la
compréhension et de l’explication pour parvenir
à
la « mise en pratique » de ce qui
est devenu
problématique dans la vie de tous les jours. Ce sera le
patient
qui choisira lui-même ce qu’il envisage de faire,
de
façon progressive et à son rythme. Dans
d’autres
cas, il s’agira simplement pour lui de noter les
particularités des situations problématiques
rencontrées entre deux séances, ce qui permet de
travailler sur des difficultés concrètes et
d’évaluer leur intensité et leur
fréquence.
Ce sont donc des thérapies basées sur
l’ «ici
et maintenant ».
Le
retour au
passé n’est pas le levier principal des tcc
Dans
d’autres approches
thérapeutiques, le retour au passé et
l’analyse des
relations avec les parents sont souvent utilisés pour
comprendre
les difficultés d’un patient. La
thérapie
comportementale et cognitive ne s’appuie pas essentiellement
sur
l’histoire de vie de la personne. En effet, les sciences
cognitives ont permis de démontrer que la mémoire
ne
fonctionne pas comme un appareil photo qui reprendrait
fidèlement les caractéristiques de la situation
photographiée. Certains aspects d’une situation
vont
être mémorisés plus facilement,
certains
détails peuvent être
« oubliés »,
d’autres
minimisés : les scientifiques appellent cela des
« biais mnésiques ».
En
conséquence, ce qui est important dans les
thérapies
cognitives, ce ne sont pas les événements en
eux-mêmes (le passé), mais la façon
dont ces
événements sont structurés et mis en
mémoire, voire modifiés :
c’est ce qu’on
appelle des schémas. Ils résultent donc
à la fois
de l’attention, des comportements, des émotions et
de la
mémoire. Ces schémas sont à
l’origine des
interprétations personnelles de la
réalité, ils
sont la plupart du temps inconscients, fonctionnent automatiquement,
c'est-à-dire hors du contrôle et de la
volonté de
la personne. Néanmoins, ils sont susceptibles
d’être
activés par des faits qui semblent tout à fait
anodins
pour ceux qui ne possèdent pas les mêmes
schémas.
Ainsi, une remarque ou un fait apparemment insignifiant peut prendre
une importance démesurée lorsqu’il
active chez une
personne un schéma de danger,
d’interprétation
négative des événements, de
sur-responsabilité, d’abandon, ou encore
d’incompétence… les personnes de
l’entourage
s’étonnent alors d’une
réaction de tristesse,
de colère, de culpabilité, ou de
méfiance qui leur
semble disproportionnée par rapport à
l’événement
« anodin » qui a
provoqué la réaction. C’est
par une
démarche de questionnement que le thérapeute va
favoriser
la compréhension et la mise à jour des
schémas.
Une
thérapie interactive
Au
début de la
thérapie, le thérapeute va recueillir les
éléments qui vont lui permettre de comprendre ce
qui pose
problème au patient. Il va donc essayer de saisir au mieux
ce
qui se passe au moment où la personne se trouve en
difficulté. Pour cela, le thérapeute va
intervenir en
posant des questions. En effet, il peut y avoir des
éléments qui semblent sans
intérêt pour le
patient mais qui sont essentiels pour comprendre sa
problématique. Par exemple :
- dans
quelles situations
ressentez-vous cette émotion ou cette
difficulté ?
- comment
ça se manifeste ?
- quelles
en sont les conséquences (familiales, sociales,
professionnelles) ?
- est-ce
que cela change quelque chose si vous êtes en compagnie
d’un proche ?
- comment
réagit votre entourage, est-il au courant ?
- ...
Dans le cours de
la thérapie, le thérapeute va se
servir
du « questionnement socratique »
pour travailler
sur les croyances du patient, ses schémas, ses
pensées
automatiques. C’est une méthode qui permet de
tester
certaines pensées qui paraissent évidentes pour
le
patient, de les poser comme hypothèses et de lever les
certitudes.
Comment fonctionne un suivi en tcc ?
Bien entendu,
chaque thérapeute a son style, ses
manières de
faire, mais l’ossature d’un suivi en
thérapie
comportementale et cognitive est toujours la même.
En
effet, les tcc sont des thérapies structurées et
codifiées. Cela permet d’avoir toujours un fil
conducteur,
de savoir où l’on va.
Il
y a deux grandes phases dans un suivi en tcc : tout
d’abord,
la compréhension par le thérapeute des
difficultés
du patient : ce sont les entretiens préliminaires.
A
l’issue de cette phase, c’est
l’entrée dans la
phase thérapeutique.
Les entretiens préliminaires (3 ou 4 séances)
Ce
sont des séances assez longues (environ une heure), car la
mise
en route d’une thérapie comportementale et
cognitive
nécessite un approfondissement et un investissement
importants
de la part du thérapeute pour comprendre la
problématique
du patient en lien avec son histoire de vie, et sa vie
actuelle. Ces
premières séances permettent de cibler
à la fois
les difficultés du patient, mais aussi ses motivations et
ses
objectifs : en quoi ce problème me gêne,
qu’est
ce que j’aimerais pouvoir faire si je ne souffrais
pas ? L’outil
principal est l’entretien, mais l’utilisation de
questionnaires est souvent associée à cette
phase. En
effet, les questionnaires permettent à la fois
d’évaluer les aspects principaux d’un
problème et leur intensité, mais aussi
d’autres
aspects qui peuvent être liés. Ils peuvent ainsi
être une aide à l’expression et
à la
verbalisation des difficultés.
A l’issue
des entretiens préliminaires, il est transmis au
patient :
- Les résultats des questionnaires, tout en expliquant ce
qu’on a essayé d’évaluer.
L’analyse
fonctionnelle : ce document
écrit est remis au patient. C’est la clef pour la
compréhension des mécanismes en jeu. Cette
analyse adaptée à chaque patient permet
d’expliquer concrètement sur quels aspects il est
possible de travailler. Il est important que le patient soit en accord
avec cette analyse pour s’engager dans la
thérapie.
Un
document écrit expliquant quelques grands principes de la
thérapie en lien avec le problème du patient.
Tout
ceci permet d’établir un
« contrat » : sur quoi
on va travailler,
comment, quel est l’objectif final, quelles sont les
limites ? est-ce que le patient accepte de s’engager
dans ce
type de thérapie ? y a-t-il des obstacles
(le temps
disponible, les moyens financiers).
La
thérapie
Souvent,
les tcc sont considérées comme des
thérapies
brèves, ce qui est le cas lorsqu’on les compare
à
des approches psychanalytiques. En
réalité, il semblerait qu’il
n’y ait pas de
règle générale concernant la
durée du
suivi : elle dépend bien sûr du patient,
du
problème à résoudre, de
l’ancienneté
du problème, de l’entourage du patient qui peut
être
un allié de la thérapie, et de
l’investissement
personnel du patient ! En
ce qui concerne le suivi d’une tcc, il existe des outils
spécifiques, mais la méthode dépend de
la
pathologie en cause. En effet, les recherches constantes dans ce
domaine permettent de déterminer la meilleure conduite
thérapeutique à tenir en fonction de la
pathologie. Les
trois grands pôles de la thérapie sont les
suivants :
le travail sur les émotions, sur les comportements et sur
les
cognitions. Ces trois éléments sont en
interrelation
constante. L’apprentissage
de la relaxation peut être proposé dans certains
cas. Tout
au long de la thérapie, ce sont les expériences
de la vie
de tous les jours et les expositions
« choisies »
en relation avec le problème qui sont discutées.
Une
fois que la démarche est comprise et bien
assimilée, il
est possible d’espacer les séances (une tous les
10 ou 15
jours).

A
qui s'adressent les Thérapies
comportementales et cognitives ?
Toute
personne qui souhaite suivre une thérapie a choisi de ne
plus
subir ce qui la fait souffrir ou l’empêche de faire
certaines choses. Les
tcc vont être particulièrement adaptées
aux
personnes qui apprécient les éléments
exposés dans le chapitre : "Quelles
sont les spécificités de ce type de
thérapie"
(l’aspect
collaboratif, actif, informatif…). Ces
thérapies vont donc aider ceux qui souffrent d'anxiété
de
dépression, ou encore
de
problèmes du comportement alimentaire (anorexie, boulimie).
Elles
peuvent aussi permettre d’améliorer les ressources
personnelles comme l’estime de soi et
l’affirmation de
soi.
Enfin, elles sont un
outil efficace pour le sevrage tabagique, ou les problèmes
liés aux dépendances.
Combien de temps dure une consultation ?
Environ
40 minutes mais cela peut être plus bref ou plus long en
fonction
du (des) problème(s) traité(s) et de la phase de
la
thérapie.
Combien
coûte une consultation ?
Le prix de la consultation est de 45€, 40€ pour les enfants, 50€ pour les couples.
L’aspect financier ne devrait pas être un obstacle à la thérapie, les séances pouvant être espacées en fonction des possibilités de chacun. Cet aspect financier peut être discuté, notamment au moment de la mise en route de la thérapie.
Toute consultation annulée moins de 48 heures à l'avance est due dans sa totalité.