L’aspect collaboratif Patient - Thérapeute
La première grande particularité des tcc c’est l’aspect collaboratif patient – thérapeute. Le patient connaît ses difficultés mieux que quiconque. Le thérapeute est là pour structurer les informations données par le patient en fonction de ses connaissances :
1. sur le fonctionnement humain : en particulier, les modèles de l’apprentissage qui peuvent expliquer comment les comportements s’installent et se maintiennent.
2. sur les pathologies : les pathologies sont répertoriées et présentent des spécificités que l’on retrouve quelle que soit la personne.
Cet aspect collaboratif s’accompagne du partage des informations.
Le partage d’informations
Le partage des informations est essentiel. Pour changer ses perceptions de l’environnement, le patient doit avoir connaissance des mécanismes ayant favorisé la mise en place et le maintien de ses difficultés. Les recherches scientifiques permettent aujourd’hui d’avoir des modèles explicatifs des enchaînements en jeu dans telle ou telle pathologie ou comportement dysfonctionnel. Ces modèles sont expliqués au patient et permettent dans un second temps de montrer sur quoi on va agir. C’est parce qu’il possède cette information que le patient va pouvoir donner un sens, une direction aux efforts à mettre en œuvre pour se confronter à ses difficultés : c’est l’aspect « thérapie active ».
Une thérapie « active »
Les recherches de Bernard RIME et ses collègues démontrent que la seule évocation des événements traumatiques (l’expression des émotions) ne suffit pas à modifier l’état émotionnel… en conséquence, le fait de parler de ses émotions et de ses difficultés n’est pas suffisant pour parvenir à les contrôler. D’autre part, chercher, voire trouver la cause d’un problème ne suffit pas non plus à le résoudre (ce serait trop simple !).
Les Thérapies Comportementales et Cognitives ont donc un objectif très pragmatique : aller au-delà de la compréhension et de l’explication pour parvenir à la « mise en pratique » de ce qui est devenu problématique dans la vie de tous les jours. Ce sera le patient qui choisira lui-même ce qu’il envisage de faire, de façon progressive et à son rythme. Dans d’autres cas, il s’agira simplement pour lui de noter les particularités des situations problématiques rencontrées entre deux séances, ce qui permet de travailler sur des difficultés concrètes et d’évaluer leur intensité et leur fréquence. Ce sont donc des thérapies basées sur l’« ici et maintenant ».
Le retour au passé n’est pas le levier principal des tcc
Dans d’autres approches thérapeutique, le retour au passé et l’analyse des relations avec les parents sont souvent utilisées pour comprendre les difficultés d’un patient.
La thérapie comportementale et cognitive ne s’appuie pas essentiellement sur l’histoire de vie de la personne. En effet, les sciences cognitives ont permis de démontrer que la mémoire ne fonctionne pas comme un appareil photo qui reprendrait fidèlement les caractéristiques de la situation photographiée. Certains aspects d’une situation vont être mémorisés plus facilement, certains détails peuvent être « oubliés », d’autres minimisés : les scientifiques appellent cela des « biais mnésiques ».
En conséquence, ce qui est important dans les thérapies cognitives, ce ne sont pas les événements en eux-mêmes (le passé), mais la façon dont ces événements sont structurés et mis en mémoire, voire modifiés : c’est ce qu’on appelle des schémas. Ils résultent donc à la fois de l’attention, des comportements, des émotions et de la mémoire. Ces schémas sont à l’origine des interprétations personnelles de la réalité, ils sont la plupart du temps inconscients, fonctionnent automatiquement, c'est-à-dire hors du contrôle et de la volonté de la personne.
Néanmoins, ils sont susceptibles d’être activés par des faits qui semblent tout à fait anodins pour ceux qui ne possèdent pas les mêmes schémas. Ainsi, une remarque ou un fait apparemment insignifiant peut prendre une importance démesurée lorsqu’il active chez une personne un schéma de danger, d’interprétation négative des événements, de sur-responsabilité, d’abandon, ou encore d’incompétence… les personnes de l’entourage s’étonnent alors d’une réaction de tristesse, de colère, de culpabilité, ou de méfiance qui leur semble disproportionnée par rapport à l’événement « anodin » qui a provoqué la réaction. C’est par une démarche de questionnement que le thérapeute va favoriser la compréhension et la mise à jour des schémas.
Les schémas sont donc des savoirs acquis sur soi, sur le monde et les autres, ils peuvent s'avérer particulièrement dysfonctionnels dans certains cas. Voici quelques idées qui peuvent être retrouvées dans l'association avec certains schémas :
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« Peu importe ce que je fais, je trouve toujours du temps pour les autres »
(sacrifice de soi)
« Si quelqu'un agit gentiment avec moi, je suppose que c'est parce qu'il cherche quelque chose »
(méfiance)
« Je ne suis pas aussi capable que les autres »
(sentiment d’incompétence)
Une thérapie interactive
l’intervention du thérapeute dans les entretiens
Au début de la thérapie, le thérapeute va recueillir les éléments qui vont lui permettre de comprendre ce qui pose problème au patient. Il va donc essayer de saisir au mieux ce qui se passe au moment où la personne se trouve en difficulté. Pour cela, le thérapeute va intervenir en posant des questions. En effet, il peut y avoir des éléments qui semblent sans intérêt pour le patient mais qui sont essentiels pour comprendre sa problématique. Par exemple :
dans quelles situations ressentez-vous cette émotion ou cette difficulté ?
comment ça se manifeste ?
quelles en sont les conséquences (familiales, sociales, professionnelles) ?
est-ce que cela change quelque chose si vous êtes en compagnie d'un proche ?
comment réagit votre entourage, est-il au courant ?
...
Dans le cours de la thérapie, le thérapeute va se servir du questionnement socratique pour travailler sur les croyances du patient, ses schémas, ses pensées automatiques. C’est une méthode qui permet de tester certaines pensées qui paraissent évidentes pour le patient, de les poser comme hypothèses et de lever les certitudes.
le partage d’informations
Le partage des informations est essentiel. Pour avancer, le patient doit être informé sur les mécanismes à l’origine de ses difficultés. Les recherches scientifiques permettent aujourd’hui d’avoir des modèles explicatifs des enchaînements en jeu dans telle ou telle pathologie. Ces modèles sont expliqués au patient et permettent dans un second temps de montrer sur quoi on va agir. C’est parce qu’il possède cette information que le patient va pouvoir donner un sens, une direction aux efforts à mettre en œuvre pour se confronter à ses difficultés.